
Murée d’un mauvais remplissage de tuiles et de briques, elle mesure 90 cm de large sur 2 m 07 de
haut. Deux jambages saillants décorés de motifs géométriques comportant : losanges, cercles ou
besants disposés en désordre supportent deux chapiteaux à volutes d’inspiration antique sur lesquels
on peut reconnaître à gauche une figure humaine assez abîmée, à droite une tête de taureau
représentée de face les cornes en avant . La figure humaine de gauche est surmontée d’une
inscription ou graffiti où on croit reconnaître: Gonbadz,
à droite aussi un semblant d’inscription trop abîmée pour être déchiffrée . Le cadre intérieur de cette
porte est décoré d’une élégante moulure en doucine et l’ensemble surmonte d’une corniche denticulée
à l’antique.
Cette porte nous semble .beaucoup plus ancienne que l’entrée principale décrite par ailleurs, malgré
une volonté d’embellissement évidente ,on a peine à croire qu’elle était destinée d’origine à une
église tant le motif du décor nous paraît insolite et peu en rapport avec la religion chrétienne
Elle permettait d’entrer directement dans la chapelle de la vierge de la façade nord;
Mais on pourrait se demander pourquoi faire ? ..
Il ne semble pas qu'elle ait jamais servi à quelque chose, la mémoire
collective n'a pas souvenance d'une utilisation particulière.
L'église parroissiale que nous connaissons sous sa forme actuelle a été construite en 1531 par le
seigneur Arnauld de Grossoles et pour ce faire il aurait utilisé des structures existantes: vieux
château, mur d'enceinte etc..
Si l'on examine l'appareillage des maçonneries, on s'aperçoit que la dite porte faisait partie d'un
ensemble architectural plus ancien, récupéré sans doute sur quelque ruine gallo-romaine, que l'on a
voulu conserver en raison de sa qualité exceptionnelle, Sans y apporter pour autant le moindre
symbole religieux, une simple croix par exemple !
passé à d'autres usages ....!.
La forme géométrique des sujets sculptés ici: motifs géométriques, cercles et losanges aux côtés
convexe taillés en biseau formant un singulier phénomène optique doivent faire penser à la sculpture
wisigothique.
La recherche des motifs représentés ne pouvait être due au hasard , elle était là pour rappeler
quelque chose d’important et sans doute de très important.( trésor ?)
Plusieurs hypothèses peuvent être envisagées:
-La première qui vient à l'esprit, "un ancien lieu de culte païen" semblerait plausible, la tête de
taureau ici représentée ressemble assez fortement aux célèbres tauroboles du musée de Lectoure, de
nombreuses églises ou cathédrales ont été élevées sur de tels lieux! mais dans ce cas, on peut
penser que les autorités religieuses n'auraient pas manqué de faire disparaître ces éléments.
La seconde pourrait être la maison d'un riche personnage dont on aurait voulu perpétuer le souvenir
Il faut rappeler qu'après la chute de l'Empire romain, les wisigoths qui avaient créé un royaume dont
la capitale était Toulouse et ce de 418 à 507, ont été nombreux à s'installer dans nos régions. les
toponymes en ens qui marquent leur présence ne manquent pas ( Flamarens, Brugnens, Urdens,
Pessoulens, Pitoulens, Goulens etc...)
Le suffixe ens n'est autre que le germanique ing, ainsi flamarens s'explique par le nom d'homme
germanique Flatamar+ing. Ce suffixe qui a évolué en ensx rappelle la présence wisigothe dans la
région, tandis que le latin villa qui suit un nom d'homme germanique serait plutôt d'origine franque (1)
Compte tenu de l'ancienneté des matériaux utilisés et de la richesse des motifs sculptés se référant à
la mode antique, une telle porte devait forcément justifier l'aisance du propriétaire qui à notre avis ne
saurait être que gallo-romain ou wisigoth!.
Et parmi ces personnages, le premier qui nous vient à l'esprit: le seigneur flatamar, celui là même
qui aurait donné plus tard le nom au village?
Il semblerait que cette référence ait été connue par les populations et même par le seigneur De
Grossoles qui avait tenu à conserver au XVIe siècle le souvenir archaïque de ces structures,
reproduisant naïvement les mêmes motifs sur le fronton des étranges lucarnes du château de
Flamarens! (3)
Contrairement aux romains ,les Wisighots ont toujours été bien accueillis par les populations
Gascones; Garants de l'ordre et de la sécurité , les grands lignages Goths depuis longtemps mêlés
aux familles locales sont toujours là, même après la mort du roi Alaric, heureux de vivre en une
région ou ils élèvent du bétail et des chevaux (2)
Cependant une question demeure quelle : signification peut on accorder à l'inscription gondbaz ?
s'agit il d'un simple graffiti? ou le nom du personnage représenté, riche propriétaire terrien éleveur
La tête de taureau pourrait le laisser supposer ? mais quel nom lui attribuer ?
Bien entendu tout ceci demeure encore dans le domaine de l'incertitude et demanderait une étude
beaucoup plus approfondie avec chantier de fouilles à la clé , pour essayer de trouver des éléments
de datation supplémentaires .
Quoi qu'il en soit voila un élément important de notre patrimoine historique qui ne
manque pas d'intérêt pour les amateurs d'histoire locale et mériterait dans un premier
temps d'être mieux protégé et mis en valeur pour être ensuite, inscrit ou classé à
l'inventaire des monuments historiques .
1 Toponymie du Languedoc et de la Gascogne . J.Lemoine
2 Les Gascons .Renée Mussot Goulard
3 Sites et monuments du Lectourois- J.Henri Ducos
http://www.e-monsite.com/amisdeflamarens
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